3) Rencontre Nationales de l’Habitat Participatif, (RNHP) à Nantes

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Après Strasbourg, Grenoble, Lille et Marseille, les Rencontres Nationales de l’Habitat Participatif ont eu lieu cette année à Nantes, du 5 au 7 juillet 2018. Pour la quatrième fois, MALTAE y a participé et en contribuant activement cette année, avec l’organisation de deux ateliers.

 

Les  RNHP 2018  se sont tenues à l’Ecole d’Architecture de Nantes, où elles ont rassemblé près de 1000 personnes pour 3 jours d’échanges et de débats entre acteurs déjà impliqués, mais aussi ouvertes au public non initié. Elles ont offert l’opportunité de venir rencontrer des groupes d’habitants, des professionnels qui accompagnent ces initiatives, des bailleurs sociaux ou encore des collectivités qui souhaitent encourager le développement de l’habitat participatif. Le contexte nantais a été particulièrement favorable avec l’appel à initiatives lancé depuis 2016 par Nantes Métropole autour de 20 sites proposés à des projets, sans oublier les initiatives habitantes présentes dans le grand ouest et d’autres dynamiques portées par ou avec les territoires. Pour la deuxième fois, MALTAE s’y est associée comme contributeur en organisant deux ateliers sur des thématiques qui lui sont chères : l’architecture au cœur de la qualité d’un habitat participatif et le lien vital entre habitat et agriculture.

Sous le titre « Habiter c’est aussi se nourrir, quel rôle pour l’habitat participatif ? », cet atelier a servi à la restitution des résultats du séminaire du même nom organisé par MALTAE depuis 2015 en région PACA, pour alimenter le débat avec un public très divers, de porteurs de projets, de professionnels paysagistes et chercheurs et des représentants de collectivités locales. Il est urgent d’assurer la sécurité alimentaire des territoires au même titre que la sécurité énergétique : ce constat est maintenant largement partagé. Augmenter les surfaces à redonner à l’agriculture et le nombre d’agriculteurs au prorata de l’accueil des populations nouvelles n’est qu’une idée de bons sens. Face à la disparition des terres agricoles, des initiatives existent pour lier nécessairement habitat et agriculture, le défi est désormais de les partager et de changer d’échelle dans les territoires.  Inverser la vision dominante d’une compétition entre terres agricoles et terres à bâtir et lui substituer celle d’une entraide solidaire peut trouver dans le mouvement de l’habitat participatif un effet de levier et une responsabilité d’exemplarité.

Le deuxième atelier avait pour titre « Quelle place pour l’architecture dans la conception d’un habitat participatif ? ». L’urbaniste (et élue) Brigitte Bouvier en fit une démonstration au travers le témoignage de l’opération Kolkhoze en région parisienne, réalisée il y a 40 ans cette année et dont les choix architecturaux  faits en matière de circulation et de mutualisation des espaces  se montrent toujours aussi efficients. Les architectes Jean Louis Pacitto et Odile Jacquemin y ont présenté le projet européen « Cooper’actif : habiter ensemble autrement demain » pour mettre l’accent sur le défi de faire s’intéresser à l’habitat coopératif les jeunes et la place qui est la leur, en tant que citoyens et habitants pour demain mais aussi dès leur plus jeune âge. L’atelier a souhaité associer à ce débat le réseau Archicoop, en cours de constitution, rassemblant déjà plus de 130 architectes tous concernés et motivés par œuvrer pour l’habitat participatif dans une pratique de coopération entre acteurs dans l’objectif de mieux faire la ville. En commun aux trois interventions, trois maitres mots : l’architecture dès l’amont du projet, la fonction d’ensemblier de l’architecte, la reconnaissance d’une compétence habitante et d’une maitrise d’usage à nourrir de créativité.