HOMMAGES aux Michèle(s) et Marcel(s)

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En 2015, nous rendions hommage à l’agricultrice Michèle Gros, avec un portrait filmé par Philippe Terrail… c’était une femme engagée, militante de la cause agricole comme de la cause des femmes et qui s’était refusée au statut, si commun pour les agricultrices, de « femme de… ». Ingénieur agronome, elle avait su développer au Domaine des Fouques, des activités complémentaires à la viticulture. Elle s’éteignait en octobre, juste après les vendanges, il y a trois ans et les images recueillies cette année-là en sont le plus vibrant hommage, tout en confortant MALTAE dans ce travail de collecte de mémoire orale.

En juillet 2017, une autre Michèle nous quittait, justement si connue pour avoir été la « femme de… » Etienne Juillard, historien géographe de renom, dont nous venions de publier les derniers écrits de sa période varoise. C’est à elle, d’abord, que nous avons envie de rendre hommage, un an après cette disparition, où elle se fit tout aussi discrète que de son vivant. Tout le monde l’ignorait, mais, avant d’être Michèle Juillard, Michèle Barnier fut l’auteur d’une thèse en géographie dans les années 1960, où elle mit au point des méthodes de cartographie des données touristiques. Nous consacrerons prochainement un article à ses travaux.

En février de cette année, ce fut le tour de notre ami Marcel Zaragoza de nous dire « besos et adios ». Admirable conteur, sachant s’adresser aux grands mais surtout aux plus jeunes, de Hyères comme  d’au-delà de la Méditerranée, qu’il a enchanté de ses mots et de sa musique. Nous relisons chaque jour une page de son ouvrage « Qui frappe à nos miroirs », où se mêle les souvenirs de sa famille et des rencontres qui ont marqué son enfance. Ce livre poétique, juvénile et mélancolique, pince sans rire et tendre, révolté et philosophique, où se révèle à chaque mot l’extrême sensibilité de son auteur est à la fois une sorte d’autoportrait touchant d’un troubadour voyageur et un guide pour qui travaille la matière de la mémoire. Nous attendons avec impatience la parution de son ouvrage posthume « Où vont nos mots d’amour ? ».

Ce mois-ci, nous apprenions avec tristesse le décès du géographe Marcel Roncayolo. Nous avions eu plaisir à approcher Marcel Roncayolo en 2011 2012 lors d’une entreprise d’entretiens croisés avec l’urbaniste architecte Robert Joly. Les deux chercheurs octogénaires, n’ayant rien perdu de leur engagement dans la question urbaine, s’étaient proposé d’échanger, chacun depuis sa discipline et son expérience, pour mutualiser leurs approches et revisiter ce chantier permanent de ” refaire la ville”. Ce titre était celui de l’ouvrage publié par Robert Joly dans les années 1990. Nous gardons un souvenir ému de ces discussions, toujours réjouissantes, dont une, mémorable, autour de la figure du bernard l’hermite, pour y voir un des processus de l’extension urbaine, où la ville, à l’image du crustacé, change de coquille en grandissant. Nous avions évoqué en avril dernier lors de notre communication au congrès du CTHS sur la transmission des savoirs le devenir de la bibliothèque de Marcel Roncayolo.  Nous présentons toutes nos sincères condoléances à sa famille, ses pairs et ses proches.