“Prendre la mer pour regarder la terre”, un atelier Maltae au CPIE des îles de Lerins

150 150 Maltae
Le 24 septembre 2016, Maltae animera un atelier au CPIE des îles de Lerins – cpieazur.fr

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Atelier thématique “Mediterranoscope” – Observatoire Photographique du Paysage

Prendre la mer pour regarder la terre  
 
L’observatoire photographique du paysage littoral depuis la mer en Région PACA

Un itinéraire pour observer et comprendre

Présentation

Un observatoire photographique du paysage est destiné à permettre à tous d’observer l’évolution des paysages sur le long terme (le temps long). Le principe en est d’effectuer des prises e vues qui seront par la suite re-photographiées à pas de temps réguliers depuis les mêmes points d’observation. Mis en place par la loi dite la loi  paysage du 8 janvier 1993, il existe à ce jour une vingtaine d’itinéraires  nationaux et une soixantaine locaux. De par sa double dimension artistique et scientifique, l’outil veut être utile aux  aménageurs et gestionnaires de l’espace littoral mais être aussi sensibiliser le grand public.
Cet observatoire est le premier à s’intéresser aux paysages vus depuis la mer ; Innovant parce qu’il étend le  principe des observatoires photographiques  au territoire maritime, ambitieux par son échelle : – 1000 km –  de la Camargue à l’Italie, incluant l’Etang de Berre et les îles, il déconstruit la carte postale de la vue sur mer. 150 sites seront photographiés tous les trois ans afin de suivre sur le long terme l’évolution des paysages littoraux.

La démarche

Regarder ensemble et croiser les visions, pour se projeter dans le futur
Engagé à l’initiative de la DREAL, de l’agence de l’eau et de la Région PACA, et confié à l’ARPE, il s’agit  de mettre la photographie au service d’une veille du paysage : 150 paysages décortiqués  ont été rassemblés pour rendre compte de la diversité et de la richesse des paysages littoraux  et de la complexité des enjeux de l’aménagement du  territoire littoral.
Une matière à débattre : une galerie à ciel ouvert pour inviter  à  débattre du littoral et  construire une « citoyenneté de l’entre terre et mer »

Le déroulement

Un inventaire collectif  traduit dans une approche sensible
Confiée à Mémoire A Lire, Territoire A l’Ecoute (MALTAE) et au photographe Jean Belvisi, la mise en œuvre de l’observatoire a mobilisé  une soixantaine d’acteurs du littoral. Plus de 20 réunions et ateliers de concertation, délocalisés sur les trois départements  – dont certains en mer -ont dressé un inventaire de deux cents sites à enjeux. A partir de mars 2014, la première campagne photographique en grande partie en kayak et en solitaire,  guidée par des acteurs locaux  a permis une présentation de 800 clichés.
Une pré-sélection a retenu un cliché par site, pour réduire’ itinéraire final à 150 vues. La deuxième campagne photographique a eu lieu en 2015  et a construit le « carnet de route» des futures reconductions. L’observatoire est accessible sur un  site internet  et a donné lieu à un ouvrage

Le territoire et ses enjeux

Des paysages saisis dans leur épaisseur continentale et marine
L’observatoire se déploie sur le linéaire côtier des 687 km des 66 communes des départements littoraux (Bouches du Rhône, du Var et des Alpes Maritimes), auxquelles s’ajoutent celui de l’Etang de Berre et des iles. Villes côtières, villes ports, stations balnéaires, parcs nationaux, sites classés, propriétés du Conservatoire du Littoral, les enjeux sont multiples et concernent une bande côtière bien plus large, au-delà des lignes de crête.
Pression démographique et immobilière, extension urbaine, agriculture qui disparaît, sur fréquentation estivale, érosion côtière, pollutions, inondations, conflits d’usage,  changement climatique…
La terre ni ne finit ni ne commence au rivage : par les bassins versants et les estuaires des fleuves côtiers, le littoral remonte loin dans les terres ; les reliefs escarpés et forêts littorales ont leur prolongements marins et sous-marins.

Un carnet de bord pour le temps long
Chaque cliché retenu donne lieu à une fiche technique. Les 800 clichés, en 24Mpx, ont été géo-référencés avec enregistrement de l’azimut, au GPS, ce qui a permis de garder la mémoire et d’élaborer le carnet de route de la reconduction. Une large variété de focale a été utilisée, du grand angle au petit téléobjectif. Les images obtenues ont bénéficié d’un post-traitement numérique régulier (identification, archivage) et ont été tirées sur papier. Photographies et fiches techniques sont accessibles sur un site internet dédié où la photographie numérique de haute définition permet  de zoomer et d’entrer dans l’image.

Le Kayack
Le kayak permet d’atteindre des points plus difficilement accessibles en bateau. Surtout, il permet de retrouver la lenteur de la randonnée au rythme de la marche et de construire l’itinéraire tel un « chemin du littoral en mer ». Ainsi, au plus près du rivage, le travail s’est fait avec un angle convenable, sans avoir trop d’eau dans le cadre, avec une grande profondeur de champ exploitable. Pour des questions d’échelle et de points de vue à représenter, le photographe a pu aussi choisir de s’éloigner de la côte pour en saisir les paysages lointains situés en arrière-plan.

La re-photographie : observer les changements, à toutes les échelles

Diversité du paysage littoral : une richesse fragile qui donne envie

L’observatoire rend compte de la diversité et de la richesse des paysages littoraux, mais il sert aussi à garder la mémoire de ce qui disparaît !
Un défi : donner envie  de démultiplier les observatoires, et pourquoi pas, essaimer en se déclinant sur d’autres régions littorales !
L’observatoire photographique : un  « Amer » pour le futur   

« un habitant sur deux de la planète habitera le littoral en 2050 »