Des engins amphibies pour articuler littoral et retro-littoral par des mobilités continues entre terre et mer

L’article revient en les réactualisant sur des préconisations émises en 2014 par Frédéric Bonnet, architecte urbaniste intervenant pour le compte de l’Etat  et à l’adresse de la commune d’Hyères, alors partie prenante avec 4 autres communes, dans le cadre  de l’expérimentation nationale sur le recul  du trait de côte lancée en 2013,  à savoir :

 La relocalisation n’est pas un retrait, mais un levier d’aménagement pour lequel

  • Le territoire pertinent dépasse la bande littorale : il faut raisonner jusqu’à 10–20 km au moins dans les terres.
  • Le récit collectif doit évoluer : accepter la perte, mais valoriser les gains possibles ailleurs. Ce glissement permet de sortir d’un registre anxiogène pour entrer dans une stratégie de transformation.

Trois implications concrètes pour les territoires littoraux

a. Repenser l’équilibre spatial

  • Identifier des zones-relais pour accueillir habitat, services, activités.
  • Renforcer les centralités en retrait.
  • Articuler littoral et retro-littoral par des mobilités douces continues. Certaines figures territoriales d’Amphibium (friches, salinières ou climatiques, étangs solaires, continuités écologiques…) illustrent cette logique.

b. Faire de la mobilité un outil d’adaptation

  • Cheminements continus, ombragés, sécurisés.
  • Parcours racontant le territoire (patrimoines, salins, canaux, biodiversité).
  • Une expérience sensible qui rend acceptable l’éloignement.

c. Construire un imaginaire positif

  • Récit partagé sur les gains : nature restaurée, nouvelles centralités, qualité de vie.
  • Pédagogie sur les pertes.
  • Vision désirable co-construite avec habitants et élus.

Apports pour les projets côtiers d’échelle cantonale et inter-collectivités

  • Approche multi-échelle : penser le littoral comme un système complet.
  • Réversibilité et adaptabilité : solutions légères, démontables, géobio-inspirées, écomimétiques,  usages temporaires.
  • Ouverture politique : produire des récits accessibles, accompagner les élus, proposer des scénarios désirables.

Comment mobiliser ces éléments dans une vision stratégique

  • Introduction : cadrer la relocalisation comme projet global.
  • Diagnostic : justifier l’analyse multi-échelle et les enjeux de mobilité.
  • Prospective : montrer l’importance du récit renouvelé.
  • Gouvernance : insister sur l’adhésion sociale et le changement culturel.

2 messages-clés à destination des élus et décideurs territoriaux

Message 1 — La relocalisation est une opportunité

  • Recomposer un territoire plus sûr, solidaire, cohérent et attractif.
  • Trois leviers : rééquilibrage territorial, mobilités douces, récit positif.
  • Applications : friches, étangs solaires, continuités écologiques, solutions réversibles.

Message 2 — Le système territorial de la relocalisation

Un territoire résilient s’organise en trois zones reliées :

  • Zone littorale exposée : usages à transformer ou abandonner.
  • Zone de transition : friches, étangs, corridors écologiques, support des mobilités et du récit.
  • Zone en retrait protégée : centralités renforcées, accueil des activités relocalisées. Les dynamiques clés : mobilités douces, rééquilibrage des fonctions, récit collectif.

Une synthèse visuelle pour une courte présentation

Slide 1

  • Relocaliser = transformer, pas se retirer.
  • Trois leviers : rééquilibrage, mobilités douces, récit positif.
  • Message : un territoire plus sûr, solidaire, cohérent, attractif.

Slide 2

  • Schéma en trois zones (exposée / transition / retrait).
  • Mobilités, rééquilibrage, récit comme dynamiques de liaison.
  • Message final : un territoire littoral se pense aussi en profondeur, pas seulement en ligne.

Version synthétique pour un article sur MALTAE.ORG

Relocaliser le littoral varois: transformer le territoire plutôt que reculer

Une réflexion nourrie par les travaux d’Amphibium Littoral résilient écomimétique et les nouvelles orientations nationales

Face à l’accélération des impacts climatiques, la relocalisation des habitats et des activités littorales exposés s’impose désormais comme un enjeu majeur d’aménagement. Le décret ministériel du 13 février 2026 confirme cette évolution : intégrer les horizons 2050–2100 du GIEC, réviser les documents d’urbanisme en conséquence, repenser les usages du rivage.

Les travaux menés dans le cadre du programme Amphibium montrent comment cette transition peut devenir une opportunité de recomposition territoriale, plutôt qu’un simple retrait subi.

Un changement de regard : du littoral-ligne au littoral-système

La relocalisation n’est pas un abandon du rivage, mais une manière de rééquilibrer le territoire dans son ensemble. Elle invite à dépasser la bande côtière pour considérer un système plus large, allant jusqu’au retro-littoral autant que nécessaire.

Cette approche ouvre la voie à une transformation positive :

  • restaurer des milieux naturels dégradés,
  • renforcer des centralités en retrait,
  • reconnecter les espaces par des mobilités douces,
  • construire un récit collectif qui donne sens à la transition.

 Trois leviers pour une adaptation désirable

Recomposer l’espace

Identifier des zones-relais, valoriser les friches, activer les continuités écologiques : autant de pistes pour accueillir les usages déplacés et créer de nouvelles polarités.

Faire de la mobilité un vecteur d’acceptation

Des cheminements continus, ombragés, sensibles, reliant littoral et arrière-pays, permettent de rendre l’éloignement acceptable et même attractif.

Construire un imaginaire commun

La transition ne peut réussir sans un récit partagé, capable d’associer pertes et gains, contraintes et opportunités, mémoire et projection.

 Une méthode pour les territoires littoraux

Les propositions issues d’Amphibium s’appuient sur :

  • une lecture multi-échelle du territoire,
  • des solutions réversibles et adaptables, souvent inspirées du vivant,
  • une gouvernance ouverte, fondée sur la pédagogie, la participation et l’accompagnement des élus.

Elles dessinent un littoral pensé « en profondeur », articulant zone exposée, zone de transition et zone en retrait.

 Un message pour les décideurs

Relocaliser, c’est préparer un territoire plus sûr, plus cohérent, plus solidaire, plus attractif. C’est aussi une occasion unique de réinventer les liens entre nature, culture et usages, en s’appuyant sur l’intelligence collective et sur les ressources locales, et en prenant comme mentor les services rendus et les capacités d’adaptabilité de la nature et du vivant face au dérèglement climatique.