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L’église Saint-Louis se situe à Marseille, au cœur du quartier Saint-Louis .

Cette très étonnante et méconnue église inaugurée en 1935 est signée de l’architecte Jean-Louis Sourdeau. Les sculptures, en taille directe dans le béton, en 6 heures de temps seulement sont l’œuvre de Carlo Sarrabezolles. Implantée à l’époque au cœur d’un quartier industriel, l’église St Louis fut la 1ère en France à avoir été confiée à 5 prêtres ouvriers. L’église dans sa totalité est inscrite au titre des monuments historiques en 1989, labellisée « Patrimoine du XXe siècle ». Autre curiosité, la cave de l’église cacherait un théâtre et un ring de boxe !

Une première église paroissiale datant du XVIIIe siècle est construite dans le quartier Saint-Louis en bordure de l’actuelle avenue de Saint-Louis. D’une superficie de 480 m2, elle était située à l’emplacement de l’actuelle place Charles Susini et pouvait accueillir 300 fidèles. Après la Première Guerre mondiale cette capacité s’est avérée insuffisante par suite du développement industriel (savonnerie, raffinage du sucre, minoterie, etc.) des quartiers Nord de Marseille.

Le nouvel évêque, Mgr Dubourg,consacré en février 1929, constate que les catholiques pratiquants sont perdus au milieu d’une masse populaire indifférente et veut relancer la pratique religieuse. Pour cela il nomme l’abbé Gabriel Pourtal à la paroisse Saint-Louis et le charge de créer une nouvelle église de 900 places et de trouver un terrain pouvant accueillir le nouvel édifice. Une paroissienne offre en 1932 un terrain de 1 100 m2 en forme de pentagone irrégulier et cerné à cette époque par des constructions industrielles.

La construction de l’église est confiée en décembre 1933 à l’architecte Jean-Louis Sourdeau dont le travail n’est pas facilité par ce terrain aux formes irrégulières qui empêchent une édification classique en forme de croix latine. Grâce à un projet ambitieux et atypique, l’architecte arrive à utiliser la quasi-totalité de la parcelle.

Au sommet du clocher l’archange Gabriel brandit la couronne d’épines. La façade principale est la seule à comporter un décor sculpté. Elle se compose de trois panneaux verticaux séparés par de pilastres. Le panneau central, le plus haut, est décoré par un immense Christ en croix réalisé en très haut relief, d’une hauteur de 6,5 m. Sous le crucifix se trouve l’inscription en français et non en latin « L’amour est plus fort que la mort ». Les panneaux latéraux sont décorés dans leur partie haute d’un bas-relief représentant deux anges et dans leur partie basse d’un vitrail en pavés de verre.

La nef de l’église est recouverte d’une coupole supportée par un tambour circulaire de 21 mètres de diamètre en béton armé.et de 50 cm. d’épaisseur. Dans ce tambour sont pratiquées quarante ouvertures circulaires permettant l’éclairage de la nef. Dans ces ouvertures des rosaces sont décorées par une simple lettre de l’alphabet dont l’ensemble forme le début d’un hymne religieux : « gloria in excelsis deo et in terra pax » (Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre

Mais c’est à l’intérieur de l’édifice qu’on ressent toute sa vocation à s’adresser à la main d’œuvre de culture chrétienne du quartier, immigrée d’Espagne, d’Italie, d’Arménie ou encore du Portugal.

L’intérieur qui ne devait à l’origine ne comporter aucune statue s’est enrichi de deux sculptures : une statue de la Vierge réalisée par le sculpteur-mouleur François Carli et une stèle, représentant Fortunée tenant la palme des martyres avec à ses pieds un lion endormi, a été réalisée par Louis Botinelly.

Le chemin de croix de l’église est l’œuvre du peintre Jacques Martin-Ferrières, fils d’ Henri Martin. L’artiste réalise une frise de un mètre de hauteur comportant cinq panneaux représentant les traditionnelles quatorze stations du chemin de croix.

Six vitraux, du maître verrier Pierre Dandeleux, insérés dans des ouvertures rectangulaires où sont représentés : Martin de Porrès, Jeanne d’Arc sur le bûcher, Vincent de Paul protégeant un enfant, Saint Louis représenté nimbé tenant sur sa poitrine la couronne d’épines, l’archange saint Michel et Antoine Chevrier (prêtre français fondateur de l’Institut du Prado).

Dans l’église se trouvent également huit verrières consacrées à l’histoire de roi de France Saint-Louis et réalisées en pavés de verre de formes et de couleurs variées. Cette technique a été inventée en 1929 sous le nom de « mosaïque transparente » par le maître verrier Jean Gaudin

Les deux panneaux placés dans la partie basse de l’ancienne Chapelle de la Vierge, représentent : une figuration symbolique de la piété des marins avec un bateau à voile et l’inscription « Stella Maris » et une dédicace à la Vierge Marie avec un M surmonté d’une croix et l’inscription « Salve Regina ».