Dans « Administrer la Méditerranée, oublier l’histoire » Bernard Kalaora converse avec son jeune confrère Guillaume Calafat

Dans Une mer jalousée, Guillaume Calafat rappelle une évidence que notre époque technocratique tend à oublier : la mer n’est pas un vide. Elle n’est ni une étendue neutre sur laquelle les États pourraient tracer librement leurs frontières, ni une surface abstraite destinée à accueillir des dispositifs rationnels de gestion, d’exploitation ou de protection. La Méditerranée, plus encore que tout autre espace maritime, constitue un territoire historique dense, saturé de conflits, de mémoires juridiques, d’usages accumulés et de souverainetés concurrentes.

Cette idée paraît pourtant difficile à entendre aujourd’hui. Les politiques contemporaines de « gouvernance des mers » reposent souvent sur une représentation implicite de l’espace marin comme espace disponible : disponible pour les infrastructures énergétiques, pour les zones économiques exclusives, pour les corridors logistiques, pour les dispositifs sécuritaires, pour les aires marines protégées ou encore pour les nouvelles formes d’économie bleue. Tout se passe comme si l’on pouvait projeter sur la mer des découpages techniques indépendants de l’épaisseur historique des territoires liquides.

La gouvernance ou la transformation gestionnaire des mers

Le terme même de « gouvernance » mérite d’ailleurs d’être interrogé. Son succès n’est pas neutre. Apparue progressivement dans les années 1980 et 1990 dans les milieux de la Banque mondiale, des grandes organisations internationales, des institutions européennes et du management public, la notion accompagne une transformation profonde de l’action politique. Il ne s’agit plus prioritairement de gouverner au sens classique du terme, c’est-à-dire décider souverainement à partir d’un centre politique identifiable mais d’organiser des coordinations entre acteurs multiples : États, collectivités, experts, entreprises privées, ONG, organisations internationales, opérateurs techniques.

La gouvernance correspond ainsi à un déplacement historique du politique vers la gestion. Elle traduit l’idée que les grands problèmes contemporains, climat, biodiversité, énergie, migrations, océans, ne pourraient plus être traités par les seuls États-nations mais nécessiteraient des dispositifs souples de négociation, de partenariat et d’expertise. Le vocabulaire qui l’accompagne est révélateur : réseaux, parties prenantes, gestion intégrée, adaptabilité, résilience, concertation, optimisation.

Cette transformation puise largement dans une culture technocratique et économique issue du néolibéralisme gestionnaire des années 1990. Plusieurs institutions internationales ont joué un rôle décisif dans cette diffusion de la gouvernance comme nouveau paradigme politique. La Banque mondiale, tout d’abord, popularise dès les années 1980 l’idée de « good governance » dans le cadre des politiques d’ajustement structurel imposées aux États endettés. Il s’agit alors de promouvoir des administrations jugées plus efficaces, transparentes et compatibles avec l’ouverture des marchés. Le FMI accompagne ce mouvement en conditionnant ses aides à des réformes institutionnelles visant à rationaliser les appareils publics.

Parallèlement, les agences des Nations unie, notamment le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’UNESCO à travers la Commission océanographique intergouvernementale, ou encore la FAO pour les questions halieutiques, développent progressivement une approche globale et intégrée des espaces maritimes. Les océans y apparaissent comme des systèmes complexes nécessitant coopération internationale, expertise scientifique et gestion coordonnée des usages.

L’Union européenne joue également un rôle majeur dans cette évolution. À partir des années 1990 et surtout des années 2000, elle impose le vocabulaire de la gouvernance territoriale, de la gestion intégrée des zones côtières, puis de la planification spatiale maritime. Les directives européennes sur le milieu marin, les stratégies macro-régionales ou encore la politique maritime intégrée participent toutes de cette nouvelle manière d’administrer les espaces marins à travers des indicateurs, des dispositifs de concertation et des mécanismes de coordination multiniveaux.

L’OCDE contribue elle aussi à diffuser cette culture de l’évaluation, de la performance et du pilotage par objectifs. Quant aux grandes ONG environnementales internationales et aux fondations privées, elles participent souvent à la fabrication d’un langage global de la gouvernance environnementale fondé sur l’expertise, les partenariats public-privé et les dispositifs de gestion adaptative.

La mer est alors devenue un espace privilégié de cette nouvelle rationalité. Espace fluide, transnational, mobile, difficilement saisissable par les souverainetés territoriales classiques, elle semblait appeler des dispositifs capables de coordonner simultanément sécurité, environnement, commerce, énergie, transport, pêche, migrations et biodiversité. Cette rationalité repose sur plusieurs présupposés implicites : l’idée que les conflits peuvent être rendus gouvernables par l’expertise ; que les antagonismes politiques peuvent être transformés en problèmes techniques ; que les territoires peuvent être administrés à partir de données, d’indicateurs et de modèles de gestion ; enfin que la coordination vaut mieux que l’affrontement politique.

La gouvernance maritime contemporaine produit ainsi une nouvelle manière de voir la mer. Celle-ci devient un espace fonctionnel à optimiser. Les cartes maritimes ne représentent plus seulement des territoires mais des couches d’usages superposés : routes commerciales, câbles sous-marins, réserves biologiques, zones énergétiques, couloirs migratoires, espaces touristiques, dispositifs sécuritaires. La rationalité gestionnaire fragmente ainsi la mer en fonctions administrables. Elle produit des observatoires, des indicateurs de performance écologique, des systèmes de monitoring, des évaluations d’impact, des mécanismes de concertation et des dispositifs de planification spatiale destinés à arbitrer les usages concurrents.

Cette approche permet effectivement certaines coordinations inédites. Elle facilite les coopérations internationales, la circulation des données scientifiques, la standardisation des normes environnementales ou encore l’intégration des enjeux climatiques dans les politiques maritimes. Elle produit également un langage commun entre administrations, experts, ONG et opérateurs économiques.

Mais ce que cette rationalité gagne en efficacité procédurale, elle tend souvent à le perdre en profondeur historique et politique. Car en transformant les conflits en question de gestion, elle occulte les rapports de domination, les asymétries géopolitiques et les mémoires historiques qui traversent les espaces maritimes. Les rivalités entre États deviennent des « problèmes de gouvernance », les oppositions des populations locales des « résistances au changement », les traumatismes coloniaux des « difficultés de coopération régionale ».

La rationalité gestionnaire produit ainsi une forme de neutralisation du politique. Elle tend à faire croire que les problèmes maritimes pourraient être résolus par davantage de coordination, de participation, de concertation, d’expertise ou de planification, alors même que beaucoup de conflits méditerranéens relèvent de désaccords historiques profonds sur la souveraineté, l’identité, les héritages impériaux ou les inégalités de puissance. Mais cette manière d’administrer les espaces maritimes repose sur une forme de déni historique dont les conséquences sont considérables. En cherchant à rendre les mers gouvernables, elle tend à dissoudre les conflits politiques dans un langage procédural. Les affrontements de souveraineté deviennent des « difficultés de coopération », les rapports de domination des « déséquilibres de gouvernance », les héritages coloniaux de simples « contextes régionaux sensibles ».

Elle occulte également une autre dimension essentielle : la pluralité des rapports culturels et symboliques à la mer. Pour les institutions internationales, la Méditerranée apparaît d’abord comme un système à administrer. Mais pour les sociétés riveraines, elle demeure aussi un espace de mémoire, de circulation, d’attachement, de guerre, d’exil et parfois de sacralité. Réduire la mer à un objet de gestion revient alors à effacer une partie de son épaisseur anthropologique.

Cette approche entretient l’illusion qu’une ingénierie institutionnelle suffisamment sophistiquée pourrait pacifier les espaces maritimes. C’est précisément ce que le livre de Calafat permet de remettre en question : les mers ne sont jamais de simples supports techniques de gouvernance mais des constructions historiques profondément conflictuelles, où le droit, la puissance, les usages et les imaginaires s’entrelacent depuis des siècles.

La Méditerranée oppose ainsi une forme de résistance persistante à cette vision gestionnaire du monde. Depuis des siècles, elle demeure traversée par des temporalités longues qui réapparaissent continuellement sous les dispositifs contemporains de gouvernance. Les anciennes rivalités impériales, les fractures coloniales, les héritages ottomans, les conflits religieux ou les hiérarchies entre Nord et Sud méditerranéens continuent de structurer silencieusement les rapports maritimes actuels. L’histoire n’est pas un passé figé qu’il serait possible de contourner ou de reléguer dans les archives. Elle agit au contraire dans le présent comme une force active à travers les mémoires nationales, les récits de puissance et les représentations concurrentes de la souveraineté. Derrière les cartes de zonage, les corridors énergétiques ou les dispositifs de planification spatiale réémergent des récits de puissance, des mémoires d’humiliation, des imaginaires territoriaux et des formes anciennes d’appropriation. La mer ne cesse de déborder les catégories administratives que l’on tente de lui imposer.

La Méditerranée comme espace de juridictions superposées

La Méditerranée n’a jamais été un espace vide.

Le grand apport de Calafat consiste précisément à montrer que la souveraineté maritime ne s’est jamais imposée de manière simple, linéaire ou homogène. Dès l’époque moderne, les puissances méditerranéennes, Venise, Gênes, l’Empire ottoman, les royaumes ibériques ou encore les cités portuaires, se disputent des droits maritimes mouvants, souvent contradictoires. La Méditerranée apparaît alors moins comme un espace unifié que comme un enchevêtrement de juridictions partielles, concurrentes et parfois incompatibles.

Ces juridictions superposées prennent des formes multiples. Un même espace maritime peut relever simultanément d’un droit de passage reconnu à certaines puissances, d’un contrôle militaire exercé par une autre, d’usages coutumiers défendus par des communautés littorales, ou encore d’accords commerciaux négociés localement entre ports et marchands. Les détroits, les golfes, les archipels ou les routes maritimes ne possèdent jamais un statut entièrement stabilisé. La souveraineté y demeure fragmentée.

Venise, par exemple, prétend longtemps exercer une forme de domination symbolique sur l’Adriatique, qu’elle considère comme son « golfe ». Mais cette prétention se heurte continuellement aux usages des pêcheurs dalmates, aux circulations ottomanes ou aux ambitions d’autres puissances maritimes. De même, l’Empire ottoman combine contrôle militaire, tolérance pragmatique des circulations marchandes et négociations permanentes avec les cités portuaires européennes. La juridiction maritime n’y est jamais absolue ; elle relève davantage d’un équilibre mouvant entre puissance, commerce et accommodements locaux. Calafat montre ainsi que le droit maritime méditerranéen se construit historiquement dans une pluralité d’ordres juridiques qui coexistent sans jamais totalement se fondre : droit impérial, privilèges commerciaux, coutumes portuaires, traités diplomatiques, juridictions religieuses, pratiques corsaires ou encore usages vernaculaires des populations côtières. La mer fonctionne alors comme un espace de chevauchements normatifs plutôt que comme une surface clairement bornée.

Cette situation produit une géographie politique particulièrement instable. Les frontières maritimes demeurent floues, négociées, parfois délibérément ambiguës. La circulation des navires dépend autant des rapports de force militaires que des arrangements locaux, des protections consulaires ou des accords tacites entre marchands. L’autorité sur la mer se manifeste moins par une souveraineté exclusive que par une capacité à faire reconnaître ponctuellement certains droits.

En cela, la Méditerranée historique entre en tension directe avec les représentations contemporaines de la gouvernance maritime, qui tendent à penser les espaces marins comme des territoires fonctionnels clairement zonés, administrables et stabilisés juridiquement. L’histoire méditerranéenne rappelle au contraire que la mer a longtemps été gouvernée par l’ambivalence, la négociation et la coexistence conflictuelle de plusieurs régimes de légitimité. Dans cette configuration, la souveraineté ne relève pas uniquement de la possession territoriale. Elle dépend aussi des routes commerciales, des capacités militaires, des taxes portuaires, des droits de pêche, des accords de circulation, des pratiques coutumières ou encore de la maîtrise des détroits. Le pouvoir sur la mer est relationnel. Il est continuellement négocié.

La Méditerranée moderne décrite par Calafat ressemble beaucoup moins à la cartographie lisse des géopoliticiens contemporains qu’à une mosaïque instable d’autorités fragmentées. Cette historicité juridique produit un enseignement essentiel pour notre présent : les conflits maritimes actuels ne sont pas seulement des conflits de ressources ou de puissance énergétique ; ils sont aussi des conflits de mémoire juridique.

Les conflits contemporains : le retour du passé dans les mers du présent

Les tensions contemporaines en Méditerranée orientale en offrent une illustration spectaculaire. Les rivalités entre la Turquie, la Grèce, Chypre, Israël ou l’Égypte autour des gisements gaziers reposent officiellement sur des interprétations concurrentes du droit maritime contemporain, notamment celui issu de la Convention de Montego Bay. Pourtant, derrière les argumentaires juridiques modernes resurgissent des héritages beaucoup plus anciens : mémoires impériales, anciennes routes commerciales, contrôle historique des îles, rapports asymétriques entre puissances continentales et maritimes.

La Turquie, par exemple, conteste l’interprétation dominante des zones économiques exclusives au nom d’une lecture historique et géographique particulière de la Méditerranée orientale. La mer Égée devient alors moins un simple espace juridique qu’un condensé d’histoires longues, de traumatismes nationaux et de rivalités héritées de l’Empire ottoman et de son démantèlement. Derrière les cartes techniques des experts apparaissent des imaginaires historiques profondément antagonistes.  La rationalité gestionnaire tend souvent à considérer l’histoire comme un archaïsme dont il faudrait se débarrasser pour permettre une administration efficace des espaces marins. Le passé devient un résidu encombrant face à l’urgence des transitions énergétiques, de la protection de la biodiversité ou de la compétitivité géoéconomique.

Or cet oubli produit précisément une partie des blocages contemporains. Car les populations littorales, les États riverains, les pêcheurs, les acteurs portuaires ou les communautés locales n’entrent jamais dans les dispositifs de gouvernance comme des acteurs neutres. Ils portent avec eux des mémoires territoriales, des représentations historiques, des récits d’appartenance et parfois des blessures anciennes. Lorsque ces dimensions sont ignorées au profit d’une approche exclusivement technicienne, les dispositifs de gouvernance deviennent difficilement opératoires.

On retrouve cette difficulté dans les politiques de protection environnementale elles-mêmes. Les aires marines protégées sont fréquemment pensées selon des logiques biologiques ou écologiques qui tendent à dissocier la nature de l’histoire sociale des territoires maritimes. Pourtant, en Méditerranée, les paysages sous-marins, les pratiques halieutiques ou les usages côtiers résultent souvent de coévolutions anciennes entre sociétés humaines et milieux marins. Vouloir protéger la mer sans tenir compte des historicités sociales produit alors des conflits de légitimité permanents.

La Méditerranée rappelle ainsi une vérité dérangeante pour les doctrines contemporaines de gouvernance : la mer résiste à la pure abstraction gestionnaire. Territoire liquide, elle demeure un espace profondément politique, traversé par des souverainetés inachevées, des récits concurrents et des mémoires accumulées. Les frontières maritimes ne sont jamais de simples lignes techniques ; elles sont des constructions historiques fragiles.

En ce sens, le livre de Calafat constitue bien davantage qu’un ouvrage d’histoire du droit maritime. Il agit comme une critique implicite des illusions contemporaines de maîtrise technocratique des mers. Il rappelle que gouverner la mer suppose d’abord de reconnaître que celle-ci possède déjà une histoire, une histoire dense, conflictuelle et souvent oubliée. La Méditerranée apparaît alors comme le laboratoire d’une contradiction centrale de notre époque : nous prétendons administrer rationnellement des espaces que nous continuons pourtant à habiter à travers des mémoires historiques, des imaginaires impériaux et des souverainetés blessées.

C’est peut-être là l’un des grands impensés de la gouvernance contemporaine : croire qu’il est possible de gérer les mers sans affronter les couches profondes du temps qui continuent d’y circuler invisiblement.

Bibliographie indicative

  • CALAFAT Guillaume, Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle), Seuil, 2019.
  • CORBIN Alain, Le territoire du vide. L’Occident et le désir du rivage (1750-1840), Flammarion, 1988.
  • BRAUDEL Fernand, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Armand Colin, 1949. Ouvrage majeur pour comprendre la longue durée méditerranéenne, les temporalités multiples des espaces maritimes et l’épaisseur historique des circulations, des souverainetés et des échanges.
  • BRAUDEL Fernand, Grammaire des civilisations, Flammarion, 1987. Pour sa réflexion sur les civilisations méditerranéennes, les continuités historiques et les structures profondes des mondes maritimes.
  • MATVEJEVIĆ Predrag, Bréviaire méditerranéen, Fayard, 1992.
  • CASSANO Franco, La Pensée méridienne, Éditions de l’Aube, 2005. Un ouvrage essentiel pour penser la Méditerranée comme contre-modèle aux rationalités productivistes et technocratiques du Nord européen, et pour réhabiliter une pensée des limites, de la lenteur, de l’épaisseur historique et des formes de coexistence méditerranéennes.
  • ABULAFIA David, La Grande Mer. Histoire de la Méditerranée, Les Belles Lettres, 2014.
  • SCHMITT Carl, Le Nomos de la Terre, PUF, 2001. Un ouvrage central sur la relation entre ordre juridique, souveraineté et partage des espaces maritimes.
  • GROTIUS Hugo, Mare Liberum (1609). Texte fondateur de la pensée moderne de la liberté des mers.
  • SELDEN John, Mare Clausum (1635). Réponse à Grotius affirmant la possibilité d’une appropriation souveraine des mers.
  • LATOUR Bruno, Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, La Découverte, 2017.
  • CHAKRABARTY Dipesh, Le climat de l’histoire. Quatre thèses, Gallimard, 2023.
  • RANCIÈRE Jacques, La Mésentente, Galilée, 1995. Pour penser ce que les dispositifs gestionnaires tendent à neutraliser du conflit politique.
  • LEFORT Claude, Essais sur le politique, Seuil, 1986.
  • DUEZ Denis et HÉRITIER Adrien (dir.), Gouverner les espaces maritimes, Presses universitaires de Louvain, 2016.
  • KALAORA Bernard, divers articles dans AOC media sur les politiques maritimes, la territorialisation des mers et les impensés de la gouvernance environnementale.
  • MOLLO Pierre, ouvrages et travaux sur le plancton et les cultures maritimes littorales.
  • OST François, La nature hors la loi. L’écologie à l’épreuve du droit, La Découverte, 1995.
  • BECK Ulrich, La société du risque, Aubier, 2001. Sur la transformation des rationalités politiques contemporaines face aux risques globaux.
  • FOUCAULT Michel, Sécurité, territoire, population, Seuil/Gallimard, 2004. Pour comprendre la généalogie des dispositifs contemporains de gouvernement et de gestion des populations et des territoires.

B.Kalaora , socio-anthropologue, EHESS/LAP, Professeur    honoraire de l’UPJV d’Amiens.